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habitat dispersé
: Le Mas - Le Bastidon
- Le Cabanon - La demeure
rurale - La Bastide
L'installation d'une demeure et de son exploitation en zone rurale au milieu
des terres est, comme nous l'avons vu dans la parité historique,
relativement tardive. Elle correspond à une certaine paix sociale
et à une aisance financière relative qui permet de se décider
à quitter le village et à venir construire au milieu de ses
terres. On choisit le site de la construction non pas au centre mais en
bordure de son exploitation et surtout là où il y a de l'eau.
L'accès pouvant être juste un simple chemin de terre ne conditionne
que rarement le site de l'implantation. Le meilleur endroit pour construire
est souvent connu car il a déjà été occupé
par un cabanon ou une ruine.
Le mas
On peut définir le mas comme la maison paysanne qui
puisse répondre au mieux à l'exploitation et à l'habitabilité.
Il se caractérise par l'économie des moyens, la faculté
à s'adapter et à évoluer, une concrétisation
la plus simple de l'ensemble des besoins dans un site propice. Son intégration,
sa forme pour s'opposer aux éléments climatiques, la justesse
de ses proportions, la rigueur monacale de son agencement où rien
n'est en trop et où tout se situe à sa bonne place en font
un exemple actuel de nos réalisations
- le mas à programme élémentaire
Le paysan, s'il quitte sa ferme villageoise pour décider d'une occupation
dans la plaine, va construire un mas qui est l'unité la plus simple
: un corps de logis accompagné de dépendances, conçu
pour répondre à son entreprise et lui permettant de vivre
en autarcie.
Le corps de logis comprendra une pièce commune, on pourrait dire
aussi pièce-à-vivre, dans laquelle toutes les activités
de la vie courante vont se dérouler : on s'y tient, on y mange, on
s'y lave, on s'y chauffe, on y fait la cuisine. Cette pièce donne
sur la façade sud. Elle est accessible par une porte avec à
côté une petite fenêtre pour l'éclairer. Au dessus
de ce petit volume, une ou deux chambres sont desservies par un petit escalier
qui part de la pièce commune.
L'écurie tout-à-côté de cette pièce essentielle
est la pièce-à-vivre des animaux. On y place aussi bien le
mulet que la vache et quelques chèvres. Au dessus, la grange ou la
fenière.
Cette maison paysanne à programme élémentaire est
parfaitement intégrée dans son site. Elle répond par
sa forme et par son exposition au contexte climatique. Certains de ces mas
remontent au XVIIe et XVIIIème siècles. C'est un témoignage
de la qualité d'une construction soignée : chaîne d'angle
en pierre très souvent, encadrements en pierre, épaisseur
des murs de 0,50 m à 0,60 m.
La salle commune d'une surface de 20 m2 environ peut admettre une alcôve
avec un lit bien que cette disposition soit très rare. Elle comprend
la cheminée et son potager, l'évier (la pile) avec son égouttoir
au dessus, le plus souvent, un placard mural, des niches. Un escalier étroit
part de cette pièce et semble se faufiler comme il peut pour desservir
l'étage.
Cette pièce était meublée traditionnellement d'une
table à tiroir, généralement en noyer, de quelques
chaises de paille, de l'horloge, de la panetière, d'un bahut.
La chambre à l'étage, d'une surface de 12 à 15
m2, comporte le lit et l'armoire ainsi qu'une cheminée en plâtre.
Cette pièce est plafonnée et malonnée. Sur la façade,
une simple grille d'envol pour quelques pigeons et la trace ocrée
d'un cadran solaire. C'est un habitat fait de peu de choses, monacal, d'une
extrême simplicité.
La caractéristique essentielle de ce mas est sa potentialité
d'agrandissement par collages successifs. Ce n'est pas le logis qui en profite,
mais uniquement la partie d'exploitation. On agrandit une partie de la remise,
on construit une autre loge à cochons, une écurie plus grande,
une magnanerie, on agrandit pour allonger la façade sud. On agrandit
pour se refermer autour d'une cour.
Ces ajouts répétés vont finir, d'abord timidement,
par indiquer une volonté de se replier. Il faudra attendre souvent
plusieurs générations pour que la partie en "L"
ou en "U" arrive à son terme. Il n'est pas rare d'inventorier
plus d'une dizaine d'agrandissements consécutifs
- le parti ternaire-mas ordonnancé
Ce modèle est constitué par un escalier central et une ordonnance
en façade de trois travées sur deux ou trois niveaux. Le logis
est alors plus ample, plus bourgeois. On est ici dans une composition architecturée
avec des pièces qui se répondent l'une l'autre. On est dans
une symétrie. Ce modèle semble apparaître en Provence,
à partir du début du XVIIIème siècle. Il va
correspondre à une fonction plus résidentielle, plus de demeures
rurales que celles examinées dans le parti élémentaire.
De ce modèle, vont découler les compositions ordonnancées
des bastides aristocratiques avec cinq et huit travées.
- le mas façade ordonnancée et façade
incertaine
Ainsi l'on peut classer les mas en deux grandes catégories : mas
ordonnancé et mas à l'ordonnance incertaine. A cette distinction
vont correspondre le traitement de la façade, la distribution intérieure
selon qu'ils appartiennent à l'une ou l'autre catégorie. Le
mas ordonnancé s'oblige à tenir dans une symétrie,
dans un tracé régulateur, dans une ordonnance ; alors que
l'autre, au tracé incertain, correspond à une volonté
de laisser-faire, d'improvisation, de spontanéité, à
une évolution qui ne laisse pas présumer jusqu'où elle
peut mener.
Le mas ordonnancé sur trois ou cinq travées a une composition
rigide autour d' un axe qui passe par la porte d'entrée au sud. Les
trumeaux, les ouvertures sont identiques de part et d'autre de cet axe.
A l'étage, idem, avec une décroissance dans la proportion
des ouvertures. Ici, la règle impose le parti. On doit se soumettre
au tracé. On doit respecter cette ordonnance sans pouvoir s'en échapper
si ce n'est au détriment de l'ensemble. Cette rigueur dans la composition
de la façade se retrouve évidemment au niveau du plan : un
hall vestibule au centre et de chaque côté une pièce
de largeur identique. Ce parti ordonnancé se retrouve aussi bien
dans le bastidon que pour le mas, ou pour la résidence campagnarde.
Ce parti correspond à une volonté de composition. Il met en
uvre un dessin, un tracé et nécessite l'intervention
de l'homme de l'art même si une personne ne l'étant pas peut
jouer ce rôle. Il peut satisfaire par sa rigueur et donne un sentiment
d'ordre et de clarté mais ne peut évoluer. Il est figé
au départ dans le tracé, on ne peut s'en échapper.
Dans les grandes compositions comme les bastides, il en est le fondement,
le parti noble.
Pour le mas à l'ordonnance incertaine, on oublie le tracé,
l'axe et la répartition des ouvertures par rapport à cet axe.
On oublie la règle, la composition; on se laisse porter par le simple
souci d'éclairer des pièces sans recherche particulière
au niveau de la façade. Pourtant, en les examinant, on ressent un
équilibre, une justesse, mais l'on est incapable de dire à
quoi cela peut tenir. On a le plus souvent l'impression que ces dispositions
générales, aussi spontanées, sans règle, proviennent
d'une lente évolution. Les ouvertures tombent sans ordre particulier
mais semblent obéir à une volonté secrète et
discrète.
- facade-pignon
C'est une disposition assez rare mais suffisamment fréquente pour
qu'elle soit relatée : la façade principale s'inscrit dans
un pignon. C'est donc une façade limitée par les deux rives
du toit à deux pentes. Cette typologie intervient quand, pour des
raisons d'exposition, de configuration du terrain, on est contraint de se
tenir sur le pignon et non sur la longueur du bâtiment.
Dans ce cas, la façade pignon est ordonnancée. Puisque l'on
ne se situe plus sous la génoise des pans versants, on n'hésite
pas, pour pallier ce manque qui est comme une altération, à
compenser par un retour de génoise à deux ou trois rangs formant
fronton ou par des génoises rampantes sur les rives (ces deux dispositions
pouvant se retrouver sur une même façade). Le pignon, considéré
comme une façade mineure, devient une façade majeure et, pour
accéder à ce rang, on le traite en conséquence : répartition
ordonnancée des ouvertures, retour des génoises en fronton,
modénature.
Il ne peut y avoir pour un même bâtiment une façade pignon
et une façade gouttereau. La façade pignon est la façade
principale et les autres deviennent automatiquement secondaires.
- le mas ruche
Le mas à programme évolué comprend plusieurs logis (deux
ou trois) et des dépendances agricoles qui peuvent inclurent un moulin
à huile, une bergerie, des remises, des caves et un pigeonnier en
belvédère sur la toiture ou isolé.


Le bastidon
Le bastidon, à la différence du cabanon, comporte un étage
et entre dans une fonction exclusive de résidence. On pourrait dire
de nos jours, résidence secondaire, dont la vogue va se situer au
XIXème siècle. De petits commerçants, des bourgeois,
ressentent le besoin d'un petit lieu de séjour à la campagne,
pas trop éloigné de leur lieu de travail.
Le bastidon comporte donc au rez-de-chaussée une grande pièce-à-vivre
et à l'étage, une ou deux chambres. Un certain confort permettait
d'y résider durant plusieurs jours. C'est en sorte une bastide
en miniature parfaitement ordonnancée, inscrite dans un petit parc.
On sent que le propriétaire attachait énormément d'importance
à l'environnement, à ses allées, à la plantation
d' arbres d'ornement. Il est fréquent d'y trouver des bassins,
une petite serre, des charmilles, des gloriettes le tout regroupé
dans une composition élaborée pour affirmer ce lieu d'agrément.
Le cabanon

Une autre source d'inspiration est le cabanon des champs. Il est dans sa
fonction le point de chute pour le paysan qui trouve là un petit
abri au cours de sa journée de travail. Sa ferme villageoise étant
souvent distante de plusieurs kilomètres de son exploitation, cette
construction, dont la surface ne va pas dépasser 20 m2 est une nécessité
à la fois pour s'abriter mais aussi pour déposer du matériel
aratoire, des sacs de semences, des cagettes, les premières récoltes.
Il suffit de se promener dans n'importe quel coin de Provence, pour les
voir apparaître comme des champignons, isolés sur des étendues
de vignes ou en pleins champs, ou encore adossés à des restanques
mais toujours intégrés et implantés à l'endroit
juste.
Ils sont souvent construits avec un certain raffinement
et une attention particulière : encadrements de pierre, retour de
génoise sur le pignon, polychromie. Ils peuvent également
se conforter d'un léger traitement extérieur, comme une terrasse,
un petit muret pour s'abriter du mistral, un puits, une treille.
Ils peuvent devenir, selon les cas, un lieu d'occupation temporaire autorisant
dans la pièce une cheminée, un lit d'appoint, une pile, une
niche dans le mur. Certains ont deux pièces, l'une servant d'écurie
et l'autre de chambre.
Pourtant tenus par des dimensions miniatures, ils ont chacun leur expression,
leur charme qui tient tout autant des proportions générales
que des matériaux, de la polychromie et de l' environnement.
- cabanon résidentiel
C'est le cabanon du dimanche, la petite résidence secondaire où
l'on vient en famille pour déjeuner d'une grillade, d'un aïoli,
d'une sardinade ou d'une bouillabaisse prolongée dans l'après-midi
par la sieste et la pétanque. Le soir, on y prend l'apéritif
avant de rentrer chez soi ; c'est un lieu de villégiature.
- cabanon des champs
C'est celui encore occupé aujourd'hui par le paysan obligé
de parcourir entre son domicile du village et ses champs des distances assez
longues. Il peut servir alors en miniature de hangar, dentrepôt,
d'écurie, de chambre, de poste de chasse. Nous en avons même
trouvé qui était utilisé pour la vinification du vin.
- cabanon des calanques
Ce cabanon est à l'origine une petite maison de pêcheur d'une
ou deux pièces complétées par une terrasse couverte
ou avec une treille, à l'abri du soleil, à laquelle on accède
par de petits escaliers. Autour du port, faces à la mer et sur le
rocher, ils se groupent entre eux en hameau. D'autres à l'origine
plus douteuse ne sont tolérés que par la force de leur intégration.
Ils sont faits de planches, de bric et de broc, de matériaux de réemploi.
Ils se veulent le plus discrets possible prêts à s'effacer
face à la mer. Ils ont le charme de l'éphémère
et ne tirent leur valeur que du site.
- cabanons jardins
Cette modeste construction est cette fois, associée à un enclos
et à un jardin potager. Il sert, dans ce cas-là, de petit
abri pour l'outillage et pour le repos du jardinier. On le trouve surtout
en périphérie des villages et des petites villes. Il n'est
pas pour autant négligé. Certains sont aussi soignés
que leurs aînés. J'en connais qui sont de véritables
petits chefs d'uvres. Ils peuvent s'agrémenter d'une terrasse,
d'une treille, d'un bassin d'arrosage. On a l'impression que depuis la terrasse
on peut surveiller tout à loisir la pousse des salades ou la sortie
des radis de la motte de terre.

La demeure rurale
A la différence de la maison paysanne, la demeure rurale ne comporte
qu'un logis sans aucune dépendance liée à l'activité
agricole. Ici nous retrouvons presque systématiquement le parti
ternaire ordonnancé : composition de façade sud à
trois travées avec la cage d'escalier au centre ; symétrie
en plan et en façade sur à partir d'un axe central qui passe
par la porte d'entrée.
Cette expression architecturale semble trouver son modèle dès
le début du XVIIIème siècle pour satisfaire le goût
de la résidence à la campagne. Sans vouloir exposer un parti
d'ostentation que l'on retrouve dans la bastide aristocratique associée
à une ferme, elle s'attache néanmoins à un certain
décor, à une façade régulière et bien
proportionnée. La distribution intérieure témoigne
également d'un souci de confort à la campagne avec l'apparition
de la salle-à-manger, de l'escalier cloisonné dans sa cage,
de chambres qui ne se commandent pas, d'enfilades au niveau des ouvertures.
Pour des partis plus évolués, on peut
trouver une chambre au rez-de-chaussée, un cabinet de travail. Le
soucis du décor pour les pièces principales qui ont un plafond
assez haut, va se traduire par une recherche dans les cheminées,
les corniches en gypseries, des lambris, tout un vocabulaire qui expose
d'une manière évidente que l'on ne souhaite pas habiter dans
une maison de paysan mais dans une résidence qui puisse exprimer
un statut social. On veut se gratifier, paraître, mais avec retenue
et discrétion. Des tourelles peuvent étoffer cette expression.
C'est au XIXème siècle que ce type de résidence va
se multiplier à la campagne surtout à proximité des
villes et villages pour que la distance entre le lieu de résidence
et le lieu de travail ne soit pas trop importante.

La bastide
On pourrait dire que la bastide est une demeure rurale avec une ferme et des
dépendances agricoles ; à la fois résidence du maître
et du fermier de son exploitation.
Avec la bastide, nous entrons dans une longue histoire qui commence au XIVé
siècle et qui a vu son apogée aux XVII ème et XVIII
ème siècle. Pendant ces siècles, les bastides vont
fleurir autour de Marseille et d'Aix, près des villages avoisinants.
La noblesse alors, possédant un hôtel particulier en ville,
voulait également une belle "maison des champs" qui soit
aussi une exploitation agricole et une source de revenu et qui leur permette
de prendre leur quartier d'été à l'abri de la chaleur
étouffante de la ville. C'est également un lieu plus sûr
pendant les terribles épidémies. Dans ces hôtels particuliers
campagnards, on se recevait, on organisait des fêtes et il était
nécessaire que la construction qui est souvent une réplique
de l'hôtel que l'on possédait en ville, soit capable par ses
dimensions, son ornementation de répondre à ce goût
avec tout le panache qui était de mise pour ce type de parti.
Aussi on n'hésitait pas à rivaliser, à
faire appel aux meilleurs artistes, architectes, décorateurs, peintres
pour que l'ouvrage soit le plus beau et réponde à la mode
du moment. Le traitement des abords, les jardins, les pièces d'eau
devaient répondre à cette solennité et il fallait que
l'un et l'autre puissent se compléter dans l'admiration de tous.
Si la demeure rurale reste une maison campagnarde, la bastide, elle, s'affiche
comme un véritable hôtel particulier à la campagne.
typologie
La bastide se caractérise au niveau de la masse par un volume plus
ou moins important couvert par une toiture à quatre pentes avec un
parti général de symétrie par rapport à un axe
qui passe par la porte d'entrée.
La partie ferme se situe en prolongement de cette masse principale dans
une zone arrière pour ne pas gêner le déroulement des
accès, des jardins et des vues dominantes. Elle comprend le logement
du fermier et tous les bâtiments annexes pour la bonne marche de l'exploitation.
L'ensemble de la composition : terrasses, jardins pièces d'eau, se
situe en accompagnement de la façade principale orientée au
sud pour ne pas être gêné par le mistral, la ferme restant
à l'écart de ces répartitions. C'est à partir
de cette façade que l'ensemble s'organise, se déroule dans
une orchestration minutieuse où tout est réglé pour
émerveiller le visiteur, pour le séduire. Une position dominante
est nécessaire avec une belle vue pour porter la composition, permettant
des effets d'escalier, de cascades et de mise en valeur de la bastide.
distribution
La distribution est classique avec la porte d'entrée principale au
sud avec souvent une autre porte opposée donnant sur une cour arrière
sur la façade nord. Un large vestibule traversant donne ainsi une
possibilité de circulation d'air lors des grandes chaleurs entre
ces deux portes, celle du sud souvent agrémenté par un sas
vitré. S'il n'est pas traversant, le hall-vestibule est toujours
un volume daccueil important que l'on considère comme un point
clef de cette distribution. Dans certaines bastides, il était suffisamment
large pour permettre laccès du carrosse.
Les pièces de réception vont se distribuer à partir
de ce vestibule sur toute la surface du rez-de -jardin, les plus essentielles
: salons, salle à manger donneront sur la façade sud avec
la meilleur ouverture sur les jardins ; les chambres seront à l'étage
avec le plus souvent une double exposition. La partie "service "
sera bien séparée à tous les niveaux. Les chambres
pour la domesticité seront positionnées le plus souvent dans
les combles ( 2° étage ), accessibles par un escalier de service.
la bastide à trois travées
C'est le parti le plus simple très souvent utilisé pour les
petits programmes .On pourrait, ici, parler de pavillon bien que toutes
les caractéristiques de la bastide sont affichées avec beaucoup
de charme et d'aisance. Le plan comprend un salon, salle à manger,
cuisine, office et à l'étage, trois ou quatre chambres avec
commodités.
La surface habitable est de l'ordre de 150 m2.
la bastide à cinq travées
 
C'est le parti le plus utilisé et qui correspond à la bastide
" classique", que l'on rencontre le plus souvent: 2-1-2. Son développement
important permet d'inscrire une ordonnance avec des éléments
en pierre. Le plan s'étoffe pour comprendre
au rez de jardin : salon d'une belle dimension, petit salon, bibliothèque,
salle à manger, office, cuisine; à l'étage : quatre
belles chambres en général situées aux quatre angles
de la bâtisse. Le trumeau de l'axe central de la façade sud
peut donner lieu à un traitement particulier comme une maçonnerie
en pierre de taille avec balcon alors que les autres parties sont traitées
en maçonnerie enduite.
la bastide à sept travées
C'est le parti à programme évolué donnant un très
fort développement où la place ne manque pas. Il s'agit
d'un grand parti : 3-1-3 qui autorise les grandes distributions permettant
une séparation entre les pièces de réception et les
pièces à usage privé.
Au rez de jardin, on trouve cette fois plusieurs salons, dont un plus spécialement
réservé à la réception, les autres étant
plus intimes avec boudoirs, bibliothèque, bureau. La grande salle
à manger, avec office et fumoir, l'ensemble des services avec escalier
principal et escalier secondaire. Le vestibule est suffisamment ample pour
servir, à l'occasion, de salle de bal.
A l'étage, on trouve plusieurs appartements dont chacun est composé
d'un salon, chambre à coucher avec alcôve, garde robe, salle
de bain et souvent une pièce attenante pour la domestique. L'appartement
du maître et maîtresse de maison sera situé au centre
de la composition avec un accès plus direct vers les pièces
de vie.
L'ensemble des jardins pour ces partis évolués sont traités
avec la magnificence qui convient avec des bâtiments annexes qui viennent
ponctuer l'espace comme l'orangerie, les serres,la chapelle etc...
bastide à plus de sept travées
Ces très longs parties sont plus rares et demeurent une exception.
Composés en 4-1-4 ou 4-2-4 ou 5-1-5 ou 4-3-4, ils comportent un avant-corps
pour éviter la monotonie d'une trop longue façade. Le rez
de jardin, outre les pièces que nous venons de décrire, peut
offrir également une galerie de tableaux, une pièce de bal,
un petit théâtre.
décor intérieur
Le décor des bastides nécessiterait un long développement
que nous ne pouvons qu'évoquer ici. Il peut être plus ou moins
raffiné suivant le goût du propriétaire. Chaque pièce
principale fait l'objet d'un traitement particulier mis en scène
suivant la mode du moment, nécessitant des artisans spécialisés
comme peintres, doreurs, fresquistes, ébénistes, patineurs,
miroitiers, ferronniers, staffeurs, tapissiers, travaillant à partir
de dessins à grande échelle et sous la direction d'architectes-
décorateurs.

abords
Les abords des bastides de Provence sont traités avec autant de soin
que la bastide elle-même. Ils donnent lieu à une composition
générale, à une mise en scène dans les différents
niveaux afin que chaque partie de ces espaces extérieurs rentrent
dans une convenance générale pour former un tout homogène.
On retrouve à l'extérieur ce que l'on vient de quitter à
l'intérieur : un parcours avec des émerveillements, une gradation
dans les effets, la recherche de points de vue. Plusieurs éléments
concourent à cet effet . Ce sont les jardins, les terrasses, les
cours, les escaliers, les pièces d'eau, les points qui ponctuent
l'espace.
jardins
Ils se composent de jardin à la française avec des parterres
dans une géométrie plus ou moins savante, d'une tése,
d'allées, de jardins de fleurs, de jardins potagers
terrasses
pièces d'eau
sculptures
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