|
Informations
économiques - octobre 1999
|
extraits
d'Aix en Action 10/99
Le
"complexe" station d'épuration de la
Pioline
Le
respect de l'environnement
Les travaux, pour mettre la station d'épuration
des eaux usées de la Pioline en conformité
avec les normes européennes, ont commencé.
En 2001, la teneur en azote et en phosphore des eaux
rejetées dans l'Arc sera telle que l'on pourra
espérer y pêcher la truite.
Accroître
la capacité de traitement de la
station
Le
choix d'un procédé
biologique
Un
véritable complexe
industriel
La
chasse à l'azote et au
phosphore
Construite en 1967,
agrandie en 1976, la station d'épuration des eaux
de la Pioline traite la plus grande partie des eaux
usées de la commune d'Aix. Facilement identifiable
par les odeurs pestilentielles qu'elle dégageait
au sud-ouest de la ville, elle est, depuis plusieurs
années, l'objet d'une rénovation
complète. Pour rendre la station
d'épuration conforme aux normes européennes
en 2001, comme la loi sur l'Eau l'exige, la Ville a
programmé deux tranches de travaux. Une
première tranche, réalisée en 1996,
pour un montant de 34 millions de francs, a permis un
meilleur pré-traitement des eaux usées et
une diminution des odeurs. Une deuxième tranche,
d'un montant de 110 millions de francs, est en cours.
Elle a pour objectif de limiter au maximum toute
pollution des eaux à la sortie de la
station.
Accroître
la capacité de traitement de la station
Après
traitement, les eaux de la Pioline sont rejetées
dans l'Arc et, par la suite, dans l'étang de
Berre, dont l'équilibre est très
précaire.
Les jours de fortes
pluies, la capacité de traitement de la station
est largement dépassée. Contrairement
à ce qui est autorisé, une partie des eaux
de pluie est évacuée dans les égouts
et arrive donc à la Pioline. Or, la station ne
peut traiter que 2300 m3 par heure. Au-delà de ce
volume, les eaux partent dans l'Arc.
La ville a donc
décidé d'accroître la capacité
de traitement de la station pour, en 2001, obtenir un
débit de pointe, les jours de pluie, de 4000 m3
par heure. La station sera ainsi dimensionnée pour
un traitement des eaux usées correspondant
à une population de 150.000 habitants.
<<
Le
choix d'un procédé biologique
Pour traiter leurs eaux
usées, les communes ont le choix entre deux
options. La première, issue des
procédés physico-chimiques, consiste
à traiter les eaux par décantation, et par
injection de produits, les polymères, qui
assainissent l'eau.
Un deuxième
procédé consiste en un traitement
biologique. Il s'agit de favoriser le
développement de populations bactériennes
différentes, des micro-organismes qui
digèrent les impuretés. Ce
procédé biologique, moins coûteux que
les procédés physico-chimiques, permet
aussi de rejeter une eau plus pure. Il a
été retenu par la ville d'Aix. Il
nécessite des installations particulières.
<<
Un
véritable complexe industriel
En arrivant à la
station, l'effluent subit des opérations
successives de tri pour séparer les
différents produits : matières et objets
divers (plastiques, tissus, etc.) ; graviers, sables et
matières lourdes recueillis au fond des bassins ;
et enfin les graisses, traitées à
part.
Les eaux sont ensuite
soumises à" un traitement primaire "
(décantation, flottation) pour donner une eau
chargée de matières organiques et de boues
primaires. Une partie de ces boues, traitée par
centrifugation et déshydratation, est
destinée à l'épandage pour
l'agronomie. L'autre partie des boues sera envoyée
dans des " digesteurs " où elle produira du gaz
méthane utilisé comme source
d'énergie pour le fonctionnement de la
station.
Ensuite, les eaux
chargées en matières organiques subissent
un "traitement secondaire". Elles sont envoyées
dans les installations biologiques. Elles arrivent
d'abord dans d'énormes bassins d'aération,
pour y rester au minimum 17 jours. Pendant cette
période, les eaux sont "digérées par
les micro-organismes", subissant ainsi une digestion
à deux étages. Après cette
période, les eaux passent dans un
purificateur.
À l'issue de ce
parcours, les eaux purifiées seront
rejetées dans l'Arc et les boues secondaires
seront mélangées aux boues primaires.
Après traitement, elles serviront, elles aussi,
à l'agronomie.
Actuellement, deux
bassins et deux purificateurs sont en construction. Des
ouvrages énormes qui seront en partie
enterrés.
<<
La
chasse à l'azote et au phosphore
Les travaux en cours
tendent à réduire, sinon à
supprimer, toute pollution des eaux, notamment par
l'azote et le phosphore, responsables de la
prolifération d'algues. Actuellement, peu de
poissons peuvent survivre dans l'Arc.
En 2001, la
quantité d'azote mesurable dans l'eau
rejetée ne dépassera pas les 10
milligrammes par litre, alors que la norme de l'eau
destinée à la consommation humaine
tolère 50 mg par litre. De même, la
quantité totale de phosphores ne dépassera
pas les 0,8 mg par litre, alors que 5 mg sont
autorisés dans l'eau à boire. Un
laboratoire installé sur place,
prélève et analyse chaque jour la
qualité des eaux.
L'Agence de l'Eau
attribue des primes en fonction de la qualité des
eaux rejetées. "On gagne de l'argent à
produire des eaux de meilleure qualité", explique
Paul Lespinat, adjoint délégué
à l'eau et l'assainissement. L'agence contribue
également au financement de
l'opération.
<<
|