|
Sieste
Verticale
Petite soeur annonciatrice
d' "Etreinte d'Eternité".
2004 - 10
Vendredi
29
haut du Cours Mirabeau
samedi 30 juillet
bas du Cours Mirabeau
> 12h00, 12h30, 13h00/ rue
|
Marie-Anne
Michel
/ Compagnie Carpe Diem
France
- St Georges de Pointindoux
|
Idée originale, Auteur et colonne verticale
dansée, Marie-
Anne Michel
Costumes, Sophie Heurlin
il extérieur, Eric Lamoureux
Diffusion, Nathalie Mercier
Coproduction
: Espace Jean Vilar, Scène conventionnée
à Ifs (14)
Partenaires : LEspace Herbauges aux Herbiers
(85) En résidence à lEspace
périphérique à Paris (Parc
de la Villette), Les Arts à la Rencontre
du Cirque, Pôle Régional des Arts
du Cirque de Nexon (87) - Le Centre Régional
des Arts du Cirque de Basse-Normandie à
Cherbourg (50).
Avec le soutien du Ministère de la Culture
/ DMDTS - DRAC des Pays de la Loire - Conseil
Régional des Pays de la Loire - SACD
|
Questionner
prudemment lespace est une autre manière
de le défier. Cest en se suspendant
bien au-dessus du sol que Marie-Anne Michel a trouvé
le point flottant de la rencontre entre cirque et
danse
Selon la très belle phrase du chorégraphe
et philosophe Daniel Dobbels, le danseur noccupe
pas lespace, il sen préoccupe.
Particulièrement les démarches les
plus contemporaines en danse apprécieront
quun corps se laisse traverser par des registres
de sens habitant lespace, plutôt que
de safficher gaillardement à sa conquête.
En cela, les arts du cirque relèvent bien
dun tout autre projet, eux autrement obstinés
à sarracher aux lois contraignantes
de la gravitation. Il y faut la posture du défi,
qui requiert labnégation dune
impérieuse technicité.
Reste que linter-disciplinarité fait
bouger tout cela depuis de nombreuses années.
Il semble bien que Marie-Anne Michel, suspendue
à son mât chinois à six mètres
du sol, désigne très précisément
un point flottant de la rencontre entre ces deux
arts. La prouesse acrobatique, elle ne la nie pas.
Cette discipline du mât est très physique,
masculine. Elle lui procure de la douleur. Là-haut
pèse incessamment la logique de la chute,
de la descente, de labandon humain à
la loi absolue de la gravitation universelle. Impossible
dy résister sans la conviction dun
dépassement.
Mais lartiste ne se ramène pas à
un champion sportif. Se surpasser ? Peut-être
Mais cest qualors il sagit de
créer en passant par la révélation
des faiblesses, en ménageant la faille, en
acceptant la limite. Sur ce point, il vaut mieux
simplement reproduire ce que Marie-Anne Michel écrit
elle-même : " Je ne suis
plus sûre de rien. Si ce nest quon
vient de la Terre et quon retourne à
la Terre. Pourquoi tant de tourments alors que le
voyage va de la vacuité à la vacuité ?
Japprends à tout aimer : la chute
autant que lenvol
Japprends à
accueillir, ce qui vient, ce qui ne vient pas, ce
qui sen va aussi
Japprends à
regarder en face ".
Nul doute que là-haut Marie-Anne Michel noccupe
pas lespace. Elle sen préoccupe.
Sen laisse traverser. Où donc va-t-elle
pratiquer lentraînement pour son art ?
Dans le désert du sud tunisien. Là-bas,
là-haut, immensité et solitude lui
rappellent qu " au désert,
la vision lucide de son néant donne à
lhomme cette force qui le rend capable dabandon "
(Jean-Yves Leloup). En lobservant suspendue
au-dessus des rues et places dAix-en-Provence,
en voulant bien partager un minimum de ses sensations,
puisse-t-on lentendre nous suggérer
que " limmense petite responsabilité
de chacun, cest peut-être avant tout
daller le plus possible vers soi
".
At
six metres above the ground, suspended from a Chinese
pole, Marie-Anne Michel observes the world. Her
body meditation on the laws of gravity constantly
pushes her further, testing her limits. A meeting
of circus arts and dance.
|