Slow
Heavy and Blue
Transmis au Ballet en 2004 - 40
Chorégraphie,
Carolyn Carlson
Musique,
René Aubry
Chorégraphie remontée,
Larrio Ekson
Assisté de Martine Clary
Lumières,
Peter Vos
Danseurs,
Yanni Yin, Bruno Roy, Manuel Vignoulle,
Cécile Robin Prévallée,
Roger Van der Poel, Ilias Ziragachi, Hélène
Bourbeillon, Céline Cassone, Giuseppe Bucci
Kiki
la Rose
Transmis au Ballet en 1999 - 10
Chorégraphie,
Michel Kelemenis
Musique ,
Hector Berlioz, Les Nuits d'Eté (Villanelle,
Le Spectre de la Rose)
Costumes,
Fabienne Duc
Lumières,
Manuel Bernard
Danseur,
Bruno Roy
Loin
2005 - 45
Chorégraphie,
Sidi Larbi Cherkaoui
Musique ,
Heinrich Ignaz Franz Biber, extraits des
Sonates des Mystères du Rosaire
Scénographie et lumières, Wim
Van de Cappelle,
Costumes,
Isabelle Lhoas
Assistants à la chorégraphie,
Nicolas Vladyslav et Damien Jalet
Danseurs,
Fanny Agnese, Fernanda Barbosa, Hélène
Bourbeillon, Céline Cassone, Yukari
Kami, Elisabeth Laurent, Alma Munteanu, Luciana
Reolon,
Cécile Robin Prévallée,
Violaine Roth, Rebecca Spinetti, Yanni Yin, Grant
Aris, Gregory Batardon, Luc Benard, Giuseppe Bucci,
Grégory Deltenre, André Hamelin,
Olivier Nobis-Peron, Bruno Roy, Roger Van der
Poel, Manuel Vignoulle, Ilias Ziragachi.
Répétition
publique
Jeudi 4 août à 18h30
Théâtre de lArchevêché
Ballet
du Grand Théâtre de Genève
Directeur général,
Jean-Marie Blanchard
Directeur du Ballet,
Philippe Cohen
Partenaire
du Ballet du Grand Théâtre, UBS
Adjoint
du Directeur du ballet, régie de scène,
Vitorio Casarin
Coordinatrice administrative, Sophie
Bonaudi
Maîtres de ballet, Martine Clary
Jean-François Kessler
Régisseur général, Philippe
Duvauchelle
Pianiste, Serafima Demianova
Électricien, Marius Echenard
Machiniste, Daniel Jimeno
Habilleuse, Julie Delieutraz
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Artiste
de lébullition savante, Sidi Larbi
Cherkaoui investit la confrontation entre les époques,
plutôt quentre les cultures, pour électriser
son temps. Loin est le beau fruit de sa rencontre
avec un grand ballet néo-classique très
réceptif au brassage des styles.
Il y a un phénomène Sidi Larbi Cherkaoui.
Ce tout jeune chorégraphe belge surgit de
la fameuse vague flamande. Il en a limpétuosité,
lallant, le mordant sur son temps. Sidi Larbi
Cherkaoui est un chorégraphe contemporain.
Voire post-contemporain. Quest-ce à
dire ? Cest à dire quon
éprouve de plus en plus de difficultés
à vouloir ranger lhistoire de la danse
selon un étalon chronologique, où
se succèderaient mécaniquement les
époques et les styles. Lordre du temps
nest peut-être plus celui quon
croit.
Evidemment, il nest pas un texte sur Sidi
Larbi Cherkaoui, qui ne sattarde à
mentionner ses origines marocaines. Soit. Mais voyons
plus loin, à limage du titre de sa
pièce. Ce ne sont pas ses origines qui importent.
Cest son projet artistique, obstinément
poursuivi de pièce en pièce, qui joue
sur le déplacement de motifs esthétiques
que nos esprits rattachent avant tout à des
notions dépoques.
Plus que métisser les cultures qui
ne le fait aujourdhui ? Sidi Larbi
Cherkaoui réarticule nos cultures du temps.
Cela tout particulièrement au sein du magnifique
répertoire musical, le plus souvent vocal,
et volontiers spirituel, quil convoque dans
ces pièces. Cest cette torsion de la
culture dans une ré-articulation du rapport
espace-temps, quon voudrait désigner
comme post-contemporaine.
Encore en chantier, parfois chaotique, éventuellement
pressuré par livresse du succès,
le projet artistique de Sidi Larbi Cherkaoui connaît
un moment dexception en croisant le Ballet
du Grand Théâtre de Genève.
Lequel est à lui seul une machine à
aérer les époques chorégraphiques.
Montrée au rythme dune ample et puissante
tranquillité, la pièce Loin a
été préparée de bout
en bout avec la totalité de ses vingt-trois
interprètes. Elle témoigne
dune osmose réussie entre lambition
singulière du chorégraphe, qui demeure
un électron libre entre divers codes esthétiques,
et la magnifique technicité post-classique
des danseurs genevois. Il semble sen être
laissé imprégner. La pièce
avance par grandes vagues à motifs quasi
allégoriques, où se rejouent un esprit
vrillé sur la rectitude de laxe corporel
classique. Mais elle se pose et se divertit par
détranges compositions de calligraphies
discursives, où des paroles de gestes ricochent,
sentrelacent, résonnent.
...Cette trame souple séclaire de loin
en loin de pas de deux nerveux, dont les circonvolutions
tournoyantes, les grands écarts arrondis,
les cambrures enveloppées en pont dos au
sol, suspendent le souffle. Au final, un solo masculin
vibre de lexact frisson de lélectricité
de son temps.
Deux autres pièces au même programme
ouvrent de passionnantes références
stylistiques et historiques.
Dune part le solo Kiki la rose peut
être dansé aussi bien par un homme
ou une femme. Son auteur, Michel Kelemenis, sy
réfère au travail très particulier
sur les bras, qui était celui de Nijinski,
pour ciseler un bijou détrangeté
savante.
Dautre part Slow heavy and blue. En
1980, cette pièce avait dabord
été composée pour lopéra
de Paris. Puis elle fut transmise au ballet genevois.
Cest un pur modèle, élégantissime,
de danse déclinant les principes de la répétitivité
et de la variation. Son auteur, Carolyn Carlson,
sy appuie sur son complice en musique René
Aubry. Elle nimbe dun genre de grâce
déterminée, de souplesse suspendue,
cette méthodique composition moléculaire
et gravitationnelle pour neuf interprètes.
Genevas
Grand Théâtre Ballet continues in its
refreshing approach with the invitation of the young
Flemmish choreographer, Sidi Larbi Cherkaoui.
A tremendously successful meeting in the presentation
of two historic pieces from Carolyn Carlson and
Michel Kelemenis.
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