Conception,Thierry
Baë
Danse, Thierry Baë, artiste invité
Administration et production, Cécile
Mièle
Diffusion, Sandrine Bouchetal
Musique, en cours
Film, François Lejault
Lumières, Pierre Zach
Rencontre avec les artistes
Jeudi 28 juillet à 17h00
Jardin du Conservatoire
La compagnie est subventionnée par la DRAC
Provence Alpes Côte dAzur, au titre
de laide à la création.
Elle est conventionnée par le Conseil Régional
Provence Alpes Côte dAzur. Elle reçoit
également des subventions de la Ville de
Manosque et du Département des Alpes de
Haute Provence.
Ce projet est coproduit par le Centre Chorégraphique
National de Tours (Accueil studio) et lArcadi
(Action régionale pour la création
artistique et la diffusion en Ile-de-France).
La compagnie est dautre part associée
à la Communauté de Communes de Moyenne
Durance- Association Odyssée, pour la réalisation
du projet " Montagnes en scènes " /
Programme Européen de collaboration culturelle
transfrontalière.
Spectacle produit dans le cadre du soutien à
la diffusion régionale en partenariat avec
la Région PACA et le Ministère de
la culture et de la communication.
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Vieillir
comme danseur, faiblir comme compagnie
Et
truquer pour sen sortir ? Magistralement,
Thierry Baë invente une insolente machine à
placer le petit monde de la danse devant la vérité
de ses mensonges. Une nécessaire auto-fiction.
Pas triste.
Patrice Poyet, directeur du festival Danse à
Aix, reçoit Thierry Baë dans son bureau.
Non, il nest pas intéressé pour
programmer Tout ceci (n)est (pas) vrai,
la dernière pièce du chorégraphe.
Mais oui, il bondit sur une autre proposition, soudainement
formulée comme par surprise : un nouveau
concept de pièce, où Baë élaborera
un solo à vue, que dautres artistes
de ses amis viendront aussitôt interpréter.
Pas nimporte quels artistes : des stars
de la danse contemporaine, des Nadj, des Monnier,
des Tompkins. Avec tous il a travaillé. De
la part de tous, il jouit dune profonde estime.
Sacrée pièce en perspective. Du grand
art.
Allez trancher la part du vrai, la part du faux.
Suspens
Thierry Baë est bel et bien cet
artiste reconnu, mais à la maturité
peut-être déclinante, à la percée
jamais vraiment fracassante. Vivant un peu loin
dans les Alpes de Haute-Provence. La voix éraillée.
Lactuelle économie matérielle,
et politico-médiatique du spectacle le dicte
ainsi : typiquement, Thierry Baë, incontournable
du paysage chorégraphique français,
est assis sur un siège éjectable,
au bord dune pente glissante.
Il le sait, le montre, le joue et le subvertit dans
sa nouvelle pièce dont la scène relatée
ci-dessus nest quun moment de fiction
à lécran. En effet, annoncée
comme solo chorégraphique, cette pièce
se compose en duo avec le film de François
Lejault qui la redouble et démultiplie la
fiction de sa fiction. Et nest-ce pas un trio
qui guette, dont le partenaire pourrait être
quelquune des stars évoquées ?
Enorme gag ? Ou savante digression sur lacte
de danse comme premier niveau dauto-fiction ?
Thierry Baë distille le trouble avec sincérité,
doù ne réchappent ni sa puissance
physique de danseur attaqué par lâge,
ni son moral dartiste face à la violence
du contexte présent, ni lobscénité
tragi-comique des usages en vigueur dans le petit
monde de la danse.
Sa pièce débute en solo. Mais là,
un vide sinsinue entre son talent de danseur,
et les limites de lâge. Sy engouffre
un courant dair dévastateur, cruellement
ironique, salutairement insolent, dun geste
non complaisant. Cest le journal dune
inquiétude. Linquiétude de créer ;
cest-à-dire de frayer sur la ligne
escarpée où se dissocient les intentions
de lêtre quotidien, et la fiction de
lêtre créateur. Celui-ci ne perd
rien pour attendre le retour en boomerang du réel.
Deux êtres en un. Aucun nest plus vrai
que faux. Pour le meilleur et pour le pire. Pour
le malheur et pour le rire. Lémouvante
force den rire.
Délectable mentir-vrai de lart. Détestable
vivre-faux du monde de lart.
The
immense sincerity of Thierry Baë
gives a unique flavour of cruelty and insolence
to his solo. He plays with falsehood to tell the
truth, with resoundingly comical results. Dance
and images lead the great names of choreography
before the insignificance
of their realities.
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